mardi 14 mars 2017

Kong Skull island



Il arrive parfois , quand je vais au cinéma que je n'attende strictement rien d'un film. Ce fut le cas pour Kong Skull Island. Je ne m'attendais à rien d'autre qu'à voir un gros singe taper sur d'autres grosses bestioles et j'ai été servi !

Un groupe d'explorateurs plus différents les uns que les autres s'aventurent au cœur d'une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu'ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…




Le film prend place en 1973, la guerre du Vietnam est en train de se terminer. C'est dans ce contexte quelque peu chaotique que débarquent Randa et Brooks avec dans leurs valises un projet secret. Ils veulent aller explorer une île encore inconnue au nom de la science. Les voilas qui recrutent tout un panel de personnes hautes en couleur allant du traqueur professionnel au reporter photo en passant par le militaire de carrière. Bien entendu, tout ce petit monde ignore la véritable raison la véritable raison qui pousse Randa à aller sur cet île. A leur arrivée, ils se font attaquer par King Kong et à partir de là tout s'emballe. Bien que très classique (et parfois un peu alambiqué), l'histoire est plaisante à suivre. Le film aurait mérité peut être une ou deux scènes d'explication de plus par contre. Cependant , tout le folklore créé autour de l'île vaut vraiment le coup et donne un certain souffle que le film peinait à avoir au début.

Le gros point noir, par contre, ce sont les personnages et leur traitement qui leur est réservé. La plupart sont plus qu'anonymes... ils n'ont pas d'écriture. Le seul qui s'en sort plutôt bien, c'est celui du naufragé (no spoil, allez voir le film) ! A la grande limite, on peut aussi saluer le colonel (Samuel L Jackson qui est là pour être classe et remplit bien son rôle). Il y a un travail plus fourni sur lui que sur les autres mais ça reste survolé.

Du côté technique, la photographie est parfaite ! L'île est magnifique, le décor est travaillé et pour une fois, j'ai eu le sentiment que la 3D servait à quelque chose. L'esthétique du film m'a un peu rappelé Jurassic Park d'ailleurs (de même que certaines scènes). Les effets spéciaux sont aussi bien gérés et es scènes de combat rendent bien.

En résumé, j'y suis allée sans m'attendre à voir un grand film et j'ai adoré. Et juste une dernière chose : c'est n'est pas parce qu'il y a masse d'effets spéciaux par rapport à l'original, ou que l'histoire est moins travaillé que c'est mauvais. C'est juste une autre époque et un autre public.


Les Figures de l'ombre



Le 8 mars, c'était la journée des droits des femmes. A cette occasion (ou pas d'ailleurs, la coïncidence était juste parfaite) est sorti au cinéma le film Les figures de l'ombre, retraçant le destin de trois femmes afro américaines travaillant à la NASA. Inspiré d'une histoire vraie, ce film a pour but de mettre en lumière le travail oublié de ces trois protagonistes. Et il loupe le coche...

Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux Etats-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran



La première chose qui m'a gêné, c'est le titre : Les Figures de l'ombre. Il est censé faire référence aux trois femmes. Mais si effectivement, on les avait oublié, il y aurait pas eu de film sur elle et un des bâtiments de la NASA ne porterait pas le nom de l'une des trois. Et quid de tous les autres ingénieurs ? Eux pour le coup, on les a oubliés.

J'ai eu peur pendant le premier quart d'heure du film. Le propos est allé de cliché en cliché sur la ségrégation et le sexisme qui ont cours en Virginie dans les années 1960. On sait que la Virginie était un état particulièrement ségrégationniste et montrer constamment la différence entre les blancs et les noirs (et à coup de gros sabots) n'apporte rien au film ni à son propos.

Venant en aux personnages. Je dois avouer que j'ai eu peur que le film ne se concentre que sur Katherine (la calculatrice) mais finalement les deux autres personnages féminins (Dorothy et Mary) prennent de l'ampleur et c'est un volet intéressant. J'ai particulièrement apprécié Dorothy. Elle sent que le vent va tourner et décide de prendre les choses en main et aussi de former celles qui risquent de perdre leur travail avec l'arrivée des nouvelles technologies. Elle veut vraiment aider et cela apporte une dimension plus noble au personnage. A l'inverse, j'ai eu du mal avec Mary. Elle, ne tente que de nouvelles choses que dans le but d'obtenir de la reconnaissance. C'est cet aspect du personnage que le film montre le plus. Enfin, Katherine elle, est un personnage qui manque un peu de substance. Le film la résume à son travail et à son veuvage ce qui est dommage. Quand aux autres, ils gravitent autour sans avoir de rôle réel (à part peut-être le chef de projet...et encore).

Enfin, je terminerais par un petit commentaire sur la réalisation. La plupart du temps, elle n'est pas magistrale mais une scène montre tout le potentiel qu'aurait pu avoir le film. Vers la dernière demi heure, Dorothy se retrouve face à sa chef, Vivian Michel, dans les toilettes. Cette chef qui lui a plusieurs fois refusé une promotion et qu'elle sait être raciste. Toute la discussion est filmé face au miroir les deux femmes ne sont jamais face à face et cela représente bien l'hypocrisie qui existe dans les bâtiments de la NASA. Cette scène est une idée brillante et c'est bien dommage qu'il n'y en ait pas eu plus.


En résumé, je dirais que défendre une cause ne doit pas être un prétexte pour montrer qu'une nation est meilleure qu'une autre, c'est desservir le message initial. Les Figures de l'ombre aurait pu atteindre les étoiles mais le film reste cloué au sol par les clichés plus nombreux les uns que les autres...