mardi 30 juin 2015

Vice-Versa




Du 28 juin au 1er juillet c’est la fête du cinéma ! La meilleure occasion du monde pour aller se rafraichir dans les salles de cinéma pour un tarif modique. Certes, un tarif qui n’a cessé d’augmenter depuis quelques années mais qui reste toujours assez avantageux. A 4 euros la place, pas d’hésitation possible ! Et c’est donc à cette occasion que je suis allé voir le dernier Disney/Pixar : Vice-Versa.

Dans la tête de Riley, 11 ans, c’est Joie, Colère, Tristesse, Dégoût et Peur qui gèrent. Chacun connait son rôle à part peut-être Tristesse. Un jour, la petite fille déménage et perd tous ses repères. Dans le même temps, c’est la panique au Quartier général car Joie et Tristesse se perdent dans les méandres de la mémoire de Riley emportant avec elle des souvenirs essentiels pile au moment où la petite fille en a le plus besoin.  





Honnêtement, j’adore Disney. Je suis la première à attendre avec impatience qu’un long métrage du studio sorte. Mais je trouve que l’association à Pixar est une des meilleures choses qui leur soit arrivé. De tous ceux que j’ai vu jusqu’à maintenant aucun ne m’a déçu. Et Vice-Versa encore moins. Pourtant, je n’étais pas du tout convaincu du sujet du film et du synopsis. J’avais peur que l’on tombe dans la « pensée positive de la vie » à savoir, quelques soit les épreuves qu’on traverse la vie est toujours joyeuse et bien pas du tout.

L’histoire est très bien construite. On s’attache rapidement à Riley étant donné qu’on la connait de la manière la plus intime possible. Chaque émotion a sa petite particularité qui rend le film très drôle. Mais l’émotion est aussi au rendez-vous. Pour des adultes (ou des grands enfants), la situation et les souvenirs de la petite fille peuvent faire écho à leurs propres expériences de vie. Ce que j’ai apprécié aussi, c’est que le film a beau être un film d’animation, il ne s’adresse pas au public comme s’il avait cinq ans. Tous les publics peuvent s’y retrouver de par les nombreuses références et aussi les sujets traités. Malgré quelques longueurs par moment on suit l’histoire avec plaisir.

Au niveau de l’animation, je ne suis pas une spécialiste de la technique donc je me garderai bien d’émettre un jugement dessus. Cependant, j’ai parfois du mal avec l’animation 3D, c’est pour cela que j’ai vraiment beaucoup aimé le passage où Joie, Tristesse et l’ami imaginaire de Riley se retrouve dessinés en abstrait, puis en 2D. J’ai trouvé que c’était un joli clin d’œil aux origines du dessin animé.

Vice-Versa est une petite perle qu’il faut voir pour définitivement comprendre que quel que soit l’âge, on n’échappe pas aux mélanges des émotions et que c’est de cette manière que l’on peut avancer et surmonter les épreuves.

Pour terminer cet article, je ferais deux petites apartés. La première, sur le métier de doubleur. Aujourd’hui, quand il s’agit de film d’animation, il est souvent fait appel à des gens connus, mais dont ce n’est pas leur métier premier. Et c’est très dommage, puisqu’il y a des gens de talent qui sont près à effectuer ce travail, parfois mieux que certains. Pour Vice-Versa, le doublage est très bon, donc ce n’est pas gênant mais je trouve ça dommage de « sacrifier » des professionnels au nom du commercial parce que vous comprenez, lui il est connu, il attirera le public.


Ensuite le deuxième point est en réaction au fameux tweet du rédacteur en chef culture du Figaro,François Aubel.  « Sidéré par le nombre d'adultes, sans enfants, qui vont voir #ViceVersa. Infantilisation de notre société. ». Alors…. Non. Combien de fois il faudra le répéter… Non le cinéma d’animation ce n’est pas que pour les enfants. Et les exemples n’en manquent pas. Prenez, Valse avec Bachir. Tout en animation et pourtant un sujet dur et choquant, la guerre. Prenez le Tombeau des Lucioles... Prenez même un Miyazaki comme Princesse Mononoké. Si vous ne voulez pas traumatiser tout une génération, il n’est pas question de les montrer à des enfants. Donc non, monsieur Aubel, l’animation ce n’est pas que pour les enfants. Non, la société ne s’infantilise pas, elle a juste besoin de petits moments où elle échappe à la vie stressante et pleine de paranoïa que vos collègues journalistes ne cessent de véhiculer.