dimanche 1 mars 2015

Le chant de la mer

Il y a des films qui sont nommés plusieurs fois pour obtenir des récompenses et qui n’obtiennent rien du tout. Forcément, quand ce sont de « petits films » en compétition face aux monstres de l’animation c’est toujours difficile. Nommé pour l’oscar et pour le césar du meilleur film d’animation, le Chant de la mer n’a cependant rien obtenu. Et je trouve que c’est extrêmement dommage compte tenu de la qualité du film.





Ben et Maïna vivent dans un phare sur une île avec leur père. Leur mère a disparu peu après la naissance de Maïna. Déchiré par la perte de son épouse, leur père se renferme et Ben commence à se sentir délaissé. Jusqu’au jour où leur grand-mère débarque pour les emmener en ville, loin des dangers de la mer. Mais voila, Maïna ne peut pas s’éloigner de la mer, c’est une selkie et elle est la seule à pouvoir sauver les êtres magiques pris sous le coup du sortilège de la sorcière aux hiboux.



Ce film est plein de poésie et de merveilleux. C’est un conte animé qui nous entraine dans l’univers magiques des créatures enchantées et marine du folklore celtique. Qu’est-ce qu’une selkie ? C’est une créature mi phoque-mi humaine. Elles se transforment en phoque lorsqu’elles portent leur manteau en peau de phoque au contact de l’eau. Le chant de la Selkie a le pouvoir de délivrer les êtres fantastiques du sort de la sorcière. Dans le chant de la mer, la mère de Ben et Maïna étant une selkie, elle a laissé son manteau au phare….manteau trouvé par Maïna.

Le film se déroule sur deux jours : 30 et 31 octobre. Le sort de la sorcière est censé se déclencher la nuit d’Haloween. Le chant de la selkie doit avoir lieu avant. C’est également le jour où le monde fantastique entre en contact avec le monde réel.

C’est une petite pépite d’animation. Les tons sont très doux, les personnages très travaillés et les décors vraiment magnifiques.  La musique est étroitement liée à l’histoire. C’est la chanteuse Nolwenn Leroy qui a collaboré avec les réalisateurs.


Ce film nous entraine dans le monde du folklore celtique. C’est un hymne au merveilleux, à l’amour fraternel et aux légendes. C’est un dessin animé vraiment très beau qui peut convenir aux petits comme aux grands. C’est idéal pour une séance en famille. En sortant de la salle, on n’a qu’une envie c’est de partir sur les côtes irlandaises pour se replonger dans cette ambiance si particulière. 

Souvenirs de Marnie

Retour dans les salles obscures. Le 14 janvier, est sorti Souvenirs de Marnie de Hirosama Yonebayashi. Il s’agit du nouveau film du Studio Ghibli (et le dernier puisque le studio a décidé d’arrêter de produire des long métrages). Avec le départ de Miyazaki et de Takahata, c’est une page de l’animation japonaise qui se tourne et ce n’est pas sans un petit pincement au cœur que je suis allée le voir au cinéma.



Le film est adapté d’un classique de la littérature jeunesse anglaise : When Marnie was here. L’histoire, c’est celle d’Ana, une jeune orpheline qui est envoyé par ses parents adoptifs dans l’île d’Hokkaido. Arrivé là-bas, elle découvre une vieille maison à laquelle on peut accéder à marée basse. Dans cette maison vit une jeune fille blonde, Marnie. Les deux jeunes filles se lient d’amitié. Mais qui est vraiment Marnie ?

Bande annonce : 



J’avais été un petit peu déçu en sortant de la séance du Vent se lève. Le conte de la princesse Kaguya m’avait bien plu par contre. Et en sortant de Souvenirs de Marnie, j’ai vraiment eu une bouffée de nostalgie en pensant que ce film était peut être le dernier. L’histoire est longue à se mettre en place. Mais cela nous permet de faire tout doucement connaissance avec Ana. C’est une jeune fille très renfermé, qui a des problèmes de santé et qui est envoyé dans l’île d’Hokkaido pour se refaire une santé. La jeune fille passe également beaucoup de temps à dessiner. Et c’est lors de l’une de ses sorties dessins qu’elle remarque la maison des marais. Peu de temps après elle rencontre Marnie et les deux jeunes filles passent beaucoup de temps ensemble. Mais Marnie est-elle vraiment réelle ?

J’ai bien aimé le déroulement de l’histoire. Le film prend son temps (peut être parfois trop) et on partage au fur et à mesure les doutes et les questions d’Ana. On en vient à se demander en même temps qu’elle ce qui se passe réellement dans cette maison. Jusqu’à la fin du film, on a un peu du mal à déterminer le vrai du faux. Je dois quand même avouer, que j’avais deviné un peu avant la véritable nature de la relation Marnie/Ana.

L’esthétique du dessin animé est très jolie. Les paysages sont extrêmement bien rendus. J’ai beaucoup aimé le parallèle entre la maison et les dessins d’Ana. On retrouve bien la pâte des Studios Ghibli. Souvenirs de Marnie n’est pas sans rappeler l’autre film du réalisateur : Arriety, le petit monde des chapardeurs. L’esthétique des personnages est très travaillée. Leur caractère aussi. Ils ont tous quelque chose en plus qui les détache des autres et les rends particuliers. J’ai eu un petit coup de cœur pour le vieux pêcheur sur sa barque (non je ne vous en dirais pas plus, regardez le film !).


En résumé, c’est un film très touchant qui tend à tirer vers le tragique par certains moments. L’histoire est très belle et émouvante. C’est un beau clap de fin pour le studio. D’ailleurs, pourquoi ne pas faire confiance à ce réalisateur pour reprendre le flambeau ?