samedi 26 décembre 2015

Au coeur de l'océan




Comme chaque année, le mois de décembre donne lieu à la séance de noël en famille. Les trois dernières années m’ont permis d’aller voir la trilogie Le Hobbit, et cette année, c’est Au cœur de l’Océan qui a fait office de séance noël ! (Et chose incroyable, on a eu la salle de ciné pour nous tous seuls) !

Hiver 1820. Le baleinier Essex quitte la Nouvelle-Angleterre et met le cap sur le Pacifique. Il est alors attaqué par une baleine gigantesque qui provoque le naufrage de l'embarcation. À bord, le capitaine George Pollard, inexpérimenté, et son second plus aguerri, Owen Chase, tentent de maîtriser la situation. Mais face aux éléments déchaînés et à la faim, les hommes se laissent gagner par la panique et le désespoir…




J’ai lu Moby Dick il y a quelques années, et j’avais beaucoup aimé l’univers. Le film suit Herman Melville, l’auteur du fameux roman qui va à la rencontre du dernier survivant du baleinier Essex. Celui-ci a gardé son histoire secrète pendant longtemps et a toujours refusé d’en parler. J’ai trouvé très bien que les aventures du baleinier soient entrecoupées d’interactions entre l’écrivain et le survivant. Ils apportent une pause dans l’histoire et maintien en haleine le spectateur. Herman Melville devient lui-même un personnage de son roman. L’histoire est celle, dans les grandes lignes, de Moby Dick. Ce que j’ai apprécié c’est que l’histoire principale prend le pas sur les petites histoires des personnages. On suit vraiment une équipe. Les effets spéciaux sont très bien faits et pas utiliser à outrance. La présence du cachalot n’est pas utilisée à outrance contrairement à d’autres films où tous les prétextes sont bon à envoyer du monstre.

Les personnages sont bien construits et bien utilisés. Chacun a son propre caractère, ses propres secrets. D’ailleurs, c’est dommage qu’ils ne soient pas plus utilisés. On ne connait que quelques petites histoires sur un ou deux des membres de l’équipage. Je pense que pour qu’on suive au mieux leur périple, avoir plus d’informations auraient été utiles. En plus, je suis sure qu’ils ont été travaillés. Au final, seulement trois sont bien exploités, et même eux j’ai eu un sentiment de manque. Heureusement que l’histoire est prenante sinon le reste serait un petit peu fade. Le gros point positif du film, c’est l’histoire d’amitié qui nait progressivement entre Melville et le vieux matelot. Elle m’a paru très sincère et « soigne » les deux hommes en quelque sorte.


En résumé, c’est un bon film mais mériterait peut-être un peu plus de travail sur les personnages. Mais il montre la réalité de la nature humaine lorsqu’elle se retrouve confronté à l’inconnu et à l’impensable. Et il m’a grandement donné envie de relire Moby Dick ! 

mardi 22 décembre 2015

Les gardiens de l'océan




Nouveau partenariat, nouvelle chronique ! Aussitôt reçu, aussitôt lu, je vous livre mon avis sur Les gardiens de l’océan d’Irène Salvador obtenu grâce à Livraddict et aux éditions Michel Lafon que je remercie chaleureusement.

En plongeant pour sauver son père de la noyade, Marco, 14 ans, découvre qu'il a l'incroyable capacité de respirer sous l'eau. Mais son émerveillement est de courte durée car il apprend bien vite la vérité : il appartient à un peuple millénaire, les Gardiens de l'Océan, et l'apparition de ses pouvoirs a fait de lui une cible de choix pour ceux qui souhaiteraient empêcher la naissance d'un nouveau protecteur des mers. Afin de préserver les siens, il doit les quitter, et partir apprendre à contrôler ses nouveaux dons à Acqualys, la cité des Gardiens. Mais avant d'en devenir un à part entière, il devra affronter des pirates, explorer les fonds marins et braver le seul interdit qu'on lui a imposé... un interdit qui porte le nom de Laura.

Alors, comment dire… Pour commencer, vous avez lu le résumé ci-dessus, vous avez quasiment lu le livre… Je déteste dire du mal des livres, vous le savez, je préfère dire que je n’ai pas aimé ou qu’il ne me convient pas. Ici, je pense que c’est vraiment le cas, et qu’il est beaucoup trop jeunesse pour moi. L’histoire démarre pourtant bien, je trouve que l’idée est bonne mais elle n’est pas assez exploitée. Je pense (vu la fin) qu’un autre tome est prévu mais terminer l’arc principal de l’histoire comme ça ne donne pas vraiment envie de lire la suite. L’univers manque vraiment de corps et de profondeur (sans mauvais jeu de mot). On n’en sait pas assez sur le cœur de l’histoire pour la suivre correctement et développer un intérêt. Les chapitres sont beaucoup trop rapides, les ellipses temporelles trop nombreuses et parfois pas suffisamment indiqué.

Du coté des personnages, c’est un peu le même problème. Ils ne sont pas assez développés. On n’a pas du tout le temps de s’y attacher. Tout au long du livre, j’ai eu l’impression qu’ils ne possédaient pas de caractère propre, rien qui ne permettent de les identifier. Ils forment un groupe, un amas mais sans identité. C’est vraiment dommage parce qu’il y a vraiment matière à en faire des héros ! Et puis alors merci les clichés… les filles qui ne sont rien sans une présence masculine à leurs côtés, les héros forcément beaux gosses… Un peu d’originalité ne ferait pas de mal dans la littérature jeunesse.


Et enfin, quelques mots sur le style de l’auteur. Les phrases sont soit très courtes, soit trop longues, il y a très peu d’explications et tout est saccadé. Pour suivre le fil des pensées ou tout simplement le fil de l’histoire c’est vraiment embêtant. On ne sait jamais vraiment où on en est. Mais bon, la critique est aisée mais l’art est difficile. Je conclurais en disant que le livre ne m’a pas plus sans doute parce que j’en ai attendu un peu trop. Mais je pense qu’il peut tout à fait convenir à de plus jeunes lecteurs.  

lundi 21 décembre 2015

Sirius, le chien qui fit trembler le IIIe Reich


Profitons des vacances pour avancer dans la lecture des partenariats. J’ai terminé ce weekend le livre Sirius, le chien qui fit trembler le IIIe Reich, de Jonathan Crown que j’ai reçu via une opération masse critique privilégiée. Le livre va paraître le 21 janvier 2016 aux Presses de la Cité que je remercie chaleureusement. 

Brillant fox-terrier capable de communiquer en messages codés, Sirius émigre aux Etats-Unis avec la famille Liliencron, qui fuit l'Allemagne nazie. Arrivé à Hollywood, il devient la coqueluche des studios Warner Bros. et s'acoquine avec les plus grands : Rita Hayworth, Billy Wilder, John Wayne et Cary Grant n'ont plus de secrets pour lui ! Engagé ensuite par le cirque Barnum, son ascension dans le showbiz tourne court lorsqu'un tour de magie échoue et le fait «réapparaître» à Berlin. Il sera alors le dernier confident d'Hitler…

Ce livre arrive à point nommé ! J’étais dans de très bonnes conditions pour le lire et je ne dis jamais non à un petit roman jeunesse. L’histoire est celle de Sirius, jeune chien qui doit fuir l’Allemagne avec sa famille suite à la montée d’Hitler et de l’idéologie nazi. On comprend assez rapidement que sa famille est juive et qu’elle est menacée. Ceux-ci partent alors à Hollywood et découvrent une vie totalement différente. Sirius part avec eux et devient bientôt la coqueluche des studios de cinéma. Puis il devient star de cirque avant d’être réexpédié en Allemagne suite à une erreur humaine. On suit alors le jeune chien dans le bureau du Führer. Ce que j’ai énormément apprécié c’est que l’on suit uniquement le tout début et la toute fin de l’époque Hitlérienne. Les romans qui se placent pendant la deuxième guerre mondiale ont souvent lieu lors des déportations de juifs ou des grandes batailles. Ici on suit surtout la toute fin du Führer, chose assez rare. On assiste à sa déchéance. Puis, arrive la fin du roman. Et je dois avouer que je ne m’attendais pas à ça…

Concernant les personnages, j’ai été un petit peu déçu. Je m’attendais à ce qu’ils soient un peu plus développés. On ne connait pas suffisamment le caractère précis des deux époux ou de leurs enfants. Ils sont assez superficiels. Je sais que le héros c’est le chien mais je trouve que se concentrer un tout petit peu plus sur les maîtres aurait pu expliquer pas mal de choses. Le personnage d’Hitler est lui assez bien rendu. Et on découvre que derrière le tyran, il y a aussi un homme avant tout, rendu un peu plus humain par la présence du chien justement.


Enfin, je ferai une petite remarque sur le style de l’auteur. C’est un premier roman et c’est très prometteur. Le seul problème, c’est la chronologie. Les ellipses temporelles sont nombreuses et pas assez claires à certains moments. Le rythme est un peu saccadé et c’est dommage car on perd parfois le fil de l’histoire. Mais sinon, l’histoire est très bien et c’est très encourageant pour une première publication ! J’espère que l’auteur écrira d’autres ouvrages dans le même genre. 

dimanche 20 décembre 2015

Star Wars, le réveil de la Force




C’est difficile d’écrire une chronique sur une saga qui a bercé mon enfance, sur des personnages que j’ai adoré et sur un film que j’ai beaucoup de plaisir à revoir. Si mon introduction ne vous parait pas bien clair, je précise : je vais donc vous parler de Star Wars, le réveil de la force, réalisé par J-J Abrams que j’ai vu le jeudi 17 décembre en 3D (oui ce point de détail a son importance !).

Trente ans après le retour du Jedi, les ennemis de la République se sont réorganisés sous le nom de Premier Ordre, mené par Kylo Ren. La résistance s’organise mais pour cela elle doit retrouver le dernier maître Jedi, dont plus personne n’a de nouvelle.

Bien, je vais donc essayer de chroniquer le film sans rien révéler de l’intrigue principale ou du sort final des personnages. Commençons donc par parler un peu de l’histoire. On commence sur une planète déserte attaqué par le premier ordre (ooooh un sabre laser rouge !). Un pilote de la résistance doit récupérer un objet important pour le combat mené (oooh caché dans un droide !) et fini par se faire capturer par les méchants (oooh un méchant avec un masque ...). Bon j’arrête, mais vous avez compris l’idée. Tout au long du film, l’histoire se rapproche grandement du tout premier Star Wars. Et encore je suis gentille parce que franchement on pourrait presque parler de plagiat. Certains y verront un hommage vibrant, d’autre une copie éhontée, moi j’y vois une tentative ratée de moderniser le premier volet. Pourtant, j’avoue sans problème que j’ai été emportée par l’histoire (mon côté fan de la saga a dû l’emporter à un moment donné). Mais au final, après réflexion, j’ai quand même été un peu déçue, je m’attendais à mieux.

Du côté des personnages, c’est le même avis mitigé. Autant, je trouve l’héroïne intéressante et j’ai pris du plaisir à suivre son histoire, autant l’autre personnage… Mais… Désolé mais je vais être obligé de révéler un peu de l’histoire mais là je ne peux pas faire autrement. C’est un stormtrooper rebelle et il est capable de se battre avec un sabre laser contre le plus gros méchant qui a eu un entrainement poussé. Mais non ! Sans parler de l’héroïne, autodidacte de la Force. Là c’est un peu du grand n’importe quoi. Quant au grand méchant… pitié laissez-lui le masque ! Le visage ne va pas avec le caractère. Et puis passer après Dark Vador, niveau charisme c’est quand même difficile…

Avec tout ce que je critique on pourrait croire que je n’ai pas aimé le film. Ce n’est pas le cas pourtant. Ce que je n’ai pas aimé c’est la volonté de copier-coller quelque chose qui existait déjà. J’aurais préféré que le réalisateur fasse l’effort de nous offrir une vraie continuité à l’histoire. Je suis un peu resté sur ma faim. Quand a l’utilisation de la 3D, c’est plutôt pas mal pour les combats des vaisseaux mais sinon ça rend juste la place de cinéma plus cher. Et puis, il y a une chose que je ne pardonne pas au réalisateur et au scénariste mais ça c’est une autre histoire… En attendant, je suis vraiment curieuse de savoir comment va s’en sortir Disney. Vont-ils trouver une once d’originalité ou alors nous faire un remake de la saga originelle ? Réponse en 2016…


samedi 19 décembre 2015

Cendrillon me perdra



Après quelques pavés de fantasy, me voilà reparti vers les terres des romans sans prise de tête et des histoires de romance. Afin de faire une petite pause, j’ai sorti de ma pal Cendrillon me perdra de Cindi Madsen. Et finalement, je l’ai trouvé pas trop mal.

Darby Quinn a tiré un trait sur Cendrillon. Après de nombreuses déceptions amoureuses, elle ne croit plus à l'amour des contes de fées, ni au dénouements heureux. D'ailleurs, elle ne s'en porte pas plus mal... jusqu'au jour où elle rencontre son voisin, Jake.

Bon… je dois dire que l’histoire n’a rien d’extraordinaire. Une nana qui ne croit plus en l’amour après de nombreuses déceptions, et qui rencontre un véritable prince charmant, beau, intelligent… Jusqu’ici rien de bien différent des milady romance habituels. Mais l’originalité du livre tient dans la capacité du personnage principal à comparer ses désillusions amoureuses aux princes de Disney. Je suis une grande fan de l’univers de Disney, j’adore les princesses et les voir complétement détourné comme ça m’a beaucoup fait rire. J’avoue sans problème que la trame principale ne vole pas haut, mais personnellement, je ne demande pas à un livre de ce genre d’être un chef d’œuvre. Même si l’histoire est téléphonée, elle reste agréable à lire.

Du côté des personnages, on s’attache assez rapidement à Darby. La jeune femme, dont le point de vue est très marquée finit par se rendre compte qu’on a beau avoir des principes, quand les sentiments s’en mêle, les deux ne sont plus compatibles. Par contre, j’ai trouvé le personnage de Jake très effacé par rapport au rôle que l’auteur veut lui donner. Il est là, à attendre (un peu comme une plante verte) avec son image d’homme parfait. Finalement, il en devient fade et énervant, surtout quand on le met face à Darby qui a un caractère explosif. Les autres personnages se placent tous à peu près au même niveau. Ils ont un pic d’importance et puis repartent s’effacer. C’est difficile, lorsque le personnage principal est aussi exubérant, de maintenir l’intérêt des lecteurs pour les autres protagonistes.


En résumé, c’est un bon roman sans prise de tête qui fait passer un moment agréable. J’essaierai de me renseigner pour voir s’il existe d’autres romans de l’auteur. 

dimanche 6 décembre 2015

Fils-des-Brumes , tome 2 - Le Puits de l'Ascension


Aussitôt terminé… Et voilà, j’ai tourné la dernière page du tome 2 de Fils-Des-Brumes, le Puits de l’Ascension de Brandon Sanderson. Ce deuxième tome s’est révélé être aussi riche et dense que le premier malgré parfois quelques lenteurs mais que j’ai trouvé nécessaire malgré tout.

En mettant fin au règne brutal et millénaire du tyran, ils ont réalisé l’impossible. À présent, Vin la gamine des rues devenue Fille-des-Brumes, et Elend Venture le jeune noble idéaliste doivent construire un nouveau gouvernement sur les cendres de l’Empire. Mais trois armées menées par des factions hostiles, dont celle des monstrueux koloss, font le siège de Luthadel. Alors que l’étau se resserre, une légende évoquant le mystérieux Puits de l’Ascension leur offre une lueur d’espoir. Et si tuer le Seigneur Maître avait été la partie la plus facile ?

Nous retrouvons donc Vin et Elend à peu près un an après la chute du Seigneur Maître. Ils travaillent tous les deux à la reconstruction de la ville, Elend en régnant du mieux qu’il peut, Vin en veillant dans les Brumes. Pourtant la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Luthadel se retrouve assiégé et Elend ne sait pas comment s’y prendre. Si on ajoute à ça une Vin perdue entre ses sentiments et ses pouvoirs et un texte mystérieux découvert par Sazed, on obtient un sacré bazar. Alors oui, la première partie du livre est centré sur le politique. Oui c’est un peu long mais j’ai trouvé ça utile pour comprendre les fondements de l’univers. Après tout, il y a eu une révolution, tout ne peut pas être reconstruit d’un claquement de doigts. Certains passages à l’assemblée et certains discours sont effectivement un peu trop détaillés et parfois on perd le fil pourtant, j’ai trouvé que tout coïncidait parfaitement. Le seul point négatif, c’est la fin. Je l’ai trouvé un peu rapide par rapport à toute la construction établie le long du tome. Petit spoiler : Vin décide de partir à la recherche du Puits de l’Ascension alors que la ville est assiégée de toute part. Il est vrai que vu toutes les interrogations, je me suis un peu demandé pourquoi elle n’était pas partie plus tôt. Mais sinon le reste de l’intrigue est très bien ficelé et évidemment, on termine sur un suspens concernant un des personnages qui est insoutenable (et pas forcément celui qu'on croit) !

Les personnages sont toujours égaux à eux-mêmes. J’ai été un peu étonné que certains, plus mis en avant dans le premier tome soit laissé de côté.  C’est le cas de Dockson par exemple, j’aimais bien ce personnage et là il n’a plus de rôle dans l’histoire. La bande de Kelsier est un peu tenu à l’écart pour se concentrer sur Vin et Elend alors qu’au final ce ne sont pas forcément eux les plus intéressants. J’ai beaucoup apprécié l’arrivée de Tindwyl (une autre terrisienne) et Zane (l’autre Fils-Des-Brumes). Mais c’est dangereux de s’attacher aux personnages… J’espère vraiment que dans le troisième tome, j’aurais plus d’explication quant au devenir de certains.


En résumé, c’est un aussi bon tome que le premier. Un peu long parfois mais tout est nécessaire pour saisir les ficelles de l’intrigue. 

dimanche 22 novembre 2015

Les suffragettes




Avec l’arrivée des vagues de froids, quoi de mieux que d’aller se réchauffer dans une salle de cinéma. C’est donc en bravant le froid (et en lâchant mes manuels) que je suis allée voir le film Les Suffragettes, de Sarah Gavron. Il traite du mouvement  qui a conduit les femmes d’Angleterre à se mobiliser pour obtenir le droit de vote au début du XXe siècle.



Au début du siècle dernier, en Angleterre, des femmes de toutes conditions décident de se battre pour obtenir le droit de vote. Face à leurs revendications, les réactions du gouvernement sont de plus en plus brutales et les obligent à entrer dans la clandestinité pour une lutte de plus en plus radicale. Puisque les manifestations pacifiques n’ont rien donné, celles que l’on appelle les suffragettes finissent par avoir recours à la violence pour se faire entendre. Dans ce combat pour l’égalité, elles sont prêtes à tout risquer: leur travail, leur maison, leurs enfants, et même leur vie. Maud est l’une de ces femmes. Jeune, mariée, mère, elle va se jeter dans le tourbillon d’une histoire que plus rien n’arrêtera…

J’avoue, c’est un des rares films que je suis d’abord allé voir pour les actrices. J’adore Helena Bonham Carter et Meryl Streep et les voir réunies dans un film, c’était un bon argument de vente ! Ensuite, j’apprécie beaucoup l’histoire de l’Angleterre et le mouvement des suffragettes en est une partie importante. J’ai été agréablement surprise d’ailleurs. J’avais un peu peur que le film soit un hymne au féminisme et porte un discours un peu trop lourd. Mais au final, le film explique de manière très juste le mouvement et le combat que les femmes se prêtent à mener. Il n’est pas question ici de volonté d’égalité entre les sexes mais de reconnaissance de droits qui aujourd’hui nous semblent complétement normales. L’histoire va en crescendo jusqu’à la morale finale qui selon moi est la suivante : Tout combat a besoin d’un sacrifice.

Les personnages sont bien exploités. L’héroïne principale n’a pas réellement existé, mais elle s’insère parfaitement bien dans le combat. On comprend peu à peu ses motivations. Au départ simple spectatrice du mouvement, elle finit par y prendre part un peu malgré elle, puis par s’y engager totalement. Autour d’elle gravite plusieurs femmes déjà membres du mouvement. Elles vivent chacune au gré de leurs actions, parfois soutenues par leurs maris, parfois battus par eux. Via ses personnages, on peut bien se rendre compte de la condition misérable qu’est celle d’être une femme à l’époque. Aucun droit, aucune liberté et aucun moyen de se rebeller contre la société établie.

De plus, ce que j’ai trouvé intéressant, c’est le fait que le film se concentre sur un petit groupe d’ouvrière et pas sur la principale meneuse du mouvement. S’intéresser à des « anonymes » permet de rendre le film plus vrai et plus fort. Il m’a touché, à la fois parce que je suis une femme mais aussi parce qu’ il m’a permis de me rendre à nouveau compte que certains combats sont beaucoup plus récents qu’on pourrait le croire… Le film se termine d’ailleurs par une liste de dates et de pays indiquant à quelles dates les femmes y ont obtenus le droit de vote. Et la liste n’est pas si longue que ça au final.   


samedi 21 novembre 2015

Fils-des-Brumes tome 1 - L'Empire Ultime




Quel meilleur moment pour lire que le temps de trajet que l’on effectue dans les transports en commun ? Le seul inconvénient, quand on aime les gros pavés, c’est qu’ils ne sont pas très pratiques à transporter. Heureusement les livres de poche existent ! C’est dans ce contexte que j’ai attaqué le premier tome de la saga Fils-Des-Brumes de Brandon Sanderson.

La jeune Vin ne connait de l’Empire Ultime que les brumes de Luthadel, les pluies de cendre et le regard d’acier des Grands Inquisiteurs. Depuis plus de 1000 ans, le Seigneur Maître gouverne les hommes par la terreur. Seuls les nobles pratiquent l’allomancie, la précieuse magie des métaux. Mais Vin n’est pas une adolescente comme les autres. Et le jour où sa route croise celle de Kelsier, le plus célèbre voleur de l’Empire, elle est entraînée dans un combat sans merci. Car Kelsier, revenu de l’enfer, nourrit un projet fou : renverser l’Empire.

Alors, ce livre… Je ne sais pas trop comment l’expliquer mais j’ai été transporté dès les premières pages. C’est un vrai coup de cœur. L’univers est vraiment bien construit et plutôt original. Cette idée de pouvoirs « magiques » qui viennent des métaux, j’étais plutôt sceptique au départ mais au final l’auteur réussit à bien mener sa barque et à tout expliquer correctement. Du fonctionnement à l’utilisation de l’allomancie, tout y passe. Je ne peux pas trop en dire sinon, je dévoile la moitié de l'histoire. Et on découvre ce pouvoir par les yeux du personnage principal Vin et via son apprentissage. L’auteur a aussi créé différentes espèces qui viennent ajouter du piquant à l’histoire.

Ce qui m’amène à parler des personnages. Pour une fois, je n’ai pas réussi à en détester un. Même les méchants qui sont censés être cruels, je les ai trouvés fascinants. Les descriptions sont assez effrayantes et pourtant, on s’y attache. On a vraiment envie d’en savoir plus et j’espère que ce sera le cas dans les prochains tomes parce que j’ai été un peu frustrée. L’auteur n’a pas beaucoup dévoilé les secrets de ses méchants. Les autres personnages (à savoir la bande de voleurs et les nobles), sont eux, plus décrits et mis en valeur. Bon, c’est un peu normal étant donné que ce sont les personnages principaux.  Au fur et à mesure de la lecture on découvre leurs vies, leurs pouvoirs et finalement même le plus petit espion ou travailleur à un rôle capital à jouer.

Concluons par l’histoire. Un bon rythme, les événements au bon moment. Malgré quelques longueurs parfois (notamment lors des scènes des bals), le récit avance bien. Et j’ai été plutôt surprise de la tournure de certains passages. Je me suis retrouvée un peu bête. Et la grande romantique que je suis, a eu du mal à avaler que l’histoire d’amour entre deux personnages ne soit pas plus développée. C’est la seule critique que je ferais.


En bref, foncez, foncez, foncez ! 

dimanche 15 novembre 2015

XXI. La bataille de Nantes




XXI. La bataille de Nantes
         
 « Toi, s’écria la princesse, je m’en doutais… Il n’y avait que quelqu’un d’assez proche pour espionner aussi efficacement.
-Eh oui, pauvre Nunuche, ta chère amie Suzon n’est qu’une poupée au service du Docteur Pendulus ! Et vous êtes tous perdus ! »
           La terrible mécanique se rua toutes pinces dehors sur la princesse qui avait en main un curieux pistolet en cuivre mais qui n’osait pas s’en servir contre son amie. Les pinces acérées sifflaient dangereusement et menaçaient de s’abattre sur la jeune femme qui pointait son arme vers la poupée-Suzon. Elle ne savait que faire. Il fallut le sang froid du commandant, au visage jusqu’ici recouvert d’un casque métallique, pour lui  rendre la maîtrise d’elle-même : « Princesse Marie-Caroline, ne vous laissez pas abuser par ce monstre ! Ce n’est pas votre amie Suzon ! Ce n’est qu’une pâle copie envoyée par Pendulus qui a cru nous berner ! » Furieuse, la poupée se retourna vers le commandant pour le faire taire à coups de pinces. Mais l’officier poursuivit : « Votre amie est toujours prisonnière de Pendulus ! Il l’a remplacée par cet automate alors que vous étiez inconsciente à bord du cirque à vapeur ! N’hésitez pas ! Faites feu !
-Mais comment pouvez-vous être sûr de cela, commandant ! J’aimerais vous croire, mais je ne peux pas abattre Suzon ! Comment savez-vous que ce n’est pas elle ?
-C’est très facile, princesse, hurla le commandant en retirant son casque. Depuis son retour, votre amie m’a refusé l’intimité que nous partagions depuis des mois ! Et sans raison ! Je l’ai laissée embarquer pour la confondre enfin. Voici le moment venu ! Je suis le lieutenant Dreyfus, fiancé de Suzon et commandant du « Jules Verne » ! Faites feu ! »
          La princesse s’exécuta. Un éclair bleu jaillit du pistolet et vint frapper la poupée-Suzon qui se mit à fondre en éructant des injures bien vite perdues dans le grésillement du métal en combustion.
-Bravo, princesse, vous l’avez mise hors d’état de nuire, s’enthousiasma le lieutenant Dreyfus. Maintenant, il nous faut passer Nantes, et ensuite… »
           Un souffle gigantesque suivi d’un bruit de tonnerre fit trembler le dirigeable. Suivi d’un autre. Puis d’un autre. Puis d’un autre encore. Ballotté comme dans une tempête, le « Jules Verne » sombrait en plein chaos. « Seigneur Jésus, geignit l’abbé Blanqui, voilà ce qui arrive quand on confie son destin à un israélite ! » Mais personne ne releva cette sortie déplacée. Le commandant était revenu à son poste, la princesse sortait tant bien que mal de son état de choc et Michel Ardan s’était  précipité vers les hublots :
-Nous sommes au-dessus de l’île de Nantes ! Bon sang, c’est impossible ! » Une explosion formidable vint l’interrompre mais il se  reprit bien vite. « Là, en bas, il y a un éléphant ! Un gigantesque éléphant qui nous envoie des obus avec sa trompe ! Je deviens fou ! Un éléphant…
-Pas de panique, Monsieur Ardan, répliqua Dreyfus. Enfin l’ennemi se dévoile ! La voilà, leur machine infernale. Sachez que Nantes est administrée par un ancien vice-roi des Indes Britanniques, Lord Moundbatten , proche parent de la reine Victoria. Il aura mis sa nostalgie de l’Asie au service de son instinct meurtrier ! » Sur l’île de Nantes, la masse imposante de l’éléphant mécanique se déplaçait lentement mais ajustait avec une précision de plus en plus dangereuse le tir de sa trompe à obus vers le dirigeable.
-Vous vouliez leur montrer notre puissance de feu, commandant. C’est le moment !
-A vos ordres, princesse ! » répondit Dreyfus en poussant une manette en zinc. Aussitôt, des centaines de petites billes aimantées furent comme pondues par le « Jules Verne » avant d’aller se fixer sur l’éléphant géant qui disparut  sous un déluge d’explosions minuscules.
« On lui a fait son affaire, ricana Dreyfus.
-Pas si sûr, intervint Michel Ardan, regardez ! Quelque chose ne va pas ! »

          Majestueux sous la fumée qui se dissipait, l’éléphant intact ajustait sa trompe pour un tir ultime et fatal. A bord du dirigeable, on retint son souffle. Mais soudain, les eaux de la Loire bouillonnèrent. Il en sortit un monstre marin, une baudroie immense. Son antenne flamboya et envoya un rayon aveuglant sur l’éléphant surpris qui s’écroula en feu.

samedi 14 novembre 2015

Les révélations de Riyria, tome 1 : La conspiration de la couronne




Après les deux partenariats, retour aux littératures de l’imaginaire et plus précisément à la fantasy. Pendant mon voyage à Paris, j’ai commencé (et fini sur un banc du jardin des plantes), le premier tome des Révélations de Riyria : la conspiration de la couronne de Michael J Sullivan.

Royce et Hadrian, voleur et mercenaire, n'ont jamais reculé devant une mission. Le danger, c'est leur fonds de commerce. Alors, quand on leur propose la fortune servie sur un plateau d'argent, ils pensent n'en faire qu'une bouchée. Ils n'avaient pas prévu qu'on leur tendrait un ignoble piège. Les voilà accusés du pire des crimes : L'assassinat du roi ! Pour sauver leur peau, ils n'auront pas le choix. Il leur faudra dénouer les fils d'un mystère qui, depuis des générations, renverse les monarques et bouleverse les empires.

J’ai dévoré ce livre, d’une part parce que c’est un poche et que ça se lit très vite et d’autre part parce que l’histoire m’a vraiment beaucoup plus. On suit un duo de voleurs qui, à la suite d’une mission délicate se retrouve au cœur d’un complot monté contre le roi et ses descendants. Bien malgré eux, ils doivent protéger le tout nouveau roi contre un ennemi dont ils ne connaissent rien. J’ai bien accroché et je suis un peu resté sur ma faim. L’histoire se termine et en même temps elle ne se termine pas. Je m’explique. L’histoire générale du tome a une conclusion mais d’autres éléments ont été introduits (en vue des autres tomes) et je suis restée un peu bête en refermant le livre.

Du côté des personnages, j’ai beaucoup aimé le moine. Cette innocence qu’il incarne, sa peur de découvrir le monde mais en même temps cette soif de connaissance en fait un personnage complexe. On sent qu’il peut avoir un rôle plus important à jouer. L’évolution du prince est aussi très intéressante. D’un petit noble prétentieux, il endosse peu à peu le vrai rôle d’un chef. Curieusement, je n’ai pas grand-chose à dire sur les deux personnages principaux. Ils m’ont paru classiques mais assez pâles par rapport aux personnages secondaires.

Le style de l’auteur est fluide, on suit bien le cours de l’histoire. La chronologie est respectée, on comprend tous les événements. J’ai eu un peu plus de mal à saisir les subtilités de l’univers créé. Je trouve qu’il manque un peu de précision et de discipline.


En résumé, c’est une histoire classique mais qui se laisse lire avec plaisir. 

jeudi 12 novembre 2015

Ernest Pignon-Ernest, comme des pas sur le sable





En même temps que l’ouvrage épistolaire, j’ai reçu un tout petit livre intitulé Ernest Pignon-Ernest, comme des pas sur le sable. Je remercie Babelio et les éditions A dos d’âne pour ce livre écrit par Rémi David et Ernest Pignon-Ernest.

Ce petit livre est une biographie succincte et une présentation simple de l’œuvre et de l’artiste. Il présente l’évolution du processus de création du peintre et en quoi il est le précurseur du street-art.

Ce livre est un bon moyen de faire connaissance avec l’univers du peintre. Personnellement, je ne connaissais que de nom (mon frère et mon père m’en ont beaucoup parlé). Je ne connaissais pas du tout l’engagement de l’artiste concernant l’apartheid ou autre. Les textes qui expliquent l’univers d’Ernest sont clairs et précis.

L’ordre chronologique choisi permet de mieux comprendre sa vie. L’ouvrage est illustré de quelques œuvres. On peut ainsi mieux saisir toute l’étendue du travail. C’est très bien de pouvoir visualiser, surtout lorsqu’on parle d’un peintre. L’autre aspect évoqué, est celui de son engagement politique. Il est mobilisé très jeune en Algérie puis dénonce l’apartheid et enfin voyage beaucoup dans des pays parfois soumis à un régime politique dur (Chili). Ernest Pignon-Ernest veut que l’art permette la défense des idées et l’implication de tous, c’est pour cela qu’il présente ses œuvres dans la rue. Il devient le précurseur du street-art transformant la rue entière en œuvre d’art. « Je n’expose pas des dessins dans la rue, j’expose la rue elle-même » dit-il.


En bref, c’est un ouvrage intéressant pour découvrir l’œuvre et l’univers de l’artiste. La seule chose que j’ai regrettée est qu’il n’y ai pas plus de photos d’œuvres.  

Lettres à mes frères et soeurs



En premier lieu, je tiens à remercier Babelio et les éditions Le Robert pour cet envoi. C’est dans le cadre d’une masse critique privilégiée qui j’ai pu choisir entre trois thèmes : lettres à ma mère, lettres d’amour et lettre à mes frères et sœurs. C’est ce dernier que j’ai choisi parce que j’aime bien le style épistolaire et parce que lire ce genre de lettre m’évoque la relation que j’ai avec mon frère.

Cet ouvrage regroupe différentes lettres qu’ont échangés des frères et sœurs depuis le Moyen Âge jusqu’au XXIe siècle. De Marie-Antoinette à Renaud en passant par Balzac, on découvre les sentiments, les rancœurs et les problèmes que rencontrent les auteurs.

J’apprécie les recueils. Ils permettent de se plonger dans un univers différent à chaque fois. Les lettres sont sans doute les écrits qui restent les plus personnels. C’est très intéressant pour comprendre la vie et le contexte de création des œuvres (en ce qui concernent les auteurs et les peintres). D’avoir autant de personnes différentes à découvrir par leurs lettres donne une certaine fraîcheur au recueil. L’ordre chronologique permet de se repérer et de faire appel  des vieux souvenirs de cours qui viennent éclairer la lecture. C’est aussi très appréciable de voir différentes personnes. La plupart du temps, les recueils se concentrent sur des écrivains ou des périodes chronologiques précises. Ici, des anonymes mêlent leurs voix aux plus illustres pour nous faire partager une petite parcelle de vie.

Les lettres choisies sont accompagnées d’un petit texte explicatif qui permet de situer l’auteur et son correspondant dans leur temps et de présenter qui ils sont. C’est pratique quand les noms n’évoquent rien. Ce texte permet aussi de saisir la relation qui existe entre l’expéditeur et le destinataire.


En résumé, c’est un bon recueil qui se lit facilement et rapidement. Je pense que j’essaierai de me procurer les autres parus dans la même collection. 

lundi 9 novembre 2015

Avril et le monde truqué




Si vous suivez mon blog de lecture, vous savez certainement que je lis énormément de littératures de l’imaginaire (voir peut-être que ça), et que toutes les occasions pour en lire ou en voir sont bonnes. Ça change les idées, et quoi de mieux pour se changer les idées, d’aller au cinéma. Et si on regroupe steampunk, uchronie et film d’animation, on obtient Avril et le monde truqué. Une petite pépite de l’animation !



1941. Le monde est radicalement différent de celui décrit par l’Histoire habituelle. Napoléon V règne sur la France, où, comme partout sur le globe, depuis 70 ans, les savants disparaissent mystérieusement, privant l’humanité d’inventions capitales. Ignorant notamment radio, télévision, électricité, aviation, moteur à explosion, cet univers est enlisé dans une technologie dépassée, comme endormi dans un savoir du XIXème siècle, gouverné par le charbon et la vapeur. C’est dans ce monde étrange qu’une jeune fille, Avril, part à la recherche de ses parents, scientifiques disparus, en compagnie de Darwin, son chat parlant, et de Julius, jeune gredin des rues. Ce trio devra affronter les dangers et les mystères de ce Monde Truqué. Qui enlève les savants depuis des décennies ? Dans quel sinistre but ?

Je suis sortie de ce film avec le mot waaah à la bouche et des étoiles plein les yeux. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Nous suivons Avril, qui est à la recherche de deux choses : de ses parents mais aussi de leur formule du sérum ultime qui réussirait à créer des êtres invulnérables. Mais Avril n’est pas une petite fille ordinaire, elle est la dernière de la famille Franklin. Dans une France où tous les savants sont mobilisés pour créer des machines capable de gagner la guerre, d’autres disparaissent, enlevés par un nuage noir. Ce que j’ai énormément apprécié c’est que les réalisateurs ne se sont pas sentis obligés de TOUT expliquer ou de rappeler sans arrêt ce qui avait déjà était dit. Le spectateur comprend tout seul et c’est très bien. Le film nous oblige à être attentifs pour saisir toute la subtilité de l’histoire. Et puis, en étant historienne de formation, voir comment un simple événement peut faire basculer toute l’histoire est merveilleux ! J’estime que dès que l’on veut écrire ou créer sur un pays il est nécessaire de connaitre au moins les bases de son histoire.

Du côté des graphismes, c’est Tardi à la barre. J’adore l’univers de cet auteur et il colle parfaitement bien à l’univers imaginé pour le film. L’animation est parfaite. Un juste mélange entre la 3D et la 2D. Et nom d’un chien, ça fait plaisir de voir un film où tout est dessiné et coloriée et pas animé par ordinateur ! Je sais que bon, certains films d’animations 3D valent le coup (cf : Vice-Versa), mais ça fait du bien de revenir aux sources de temps en temps. 

Les héros ont chacun un rôle bien définis. Et les voix correspondent parfaitement aux personnages (Phillipe Katerine qui fait la voix du chat, c’est très drôle, surtout quand on connait l’univers du chanteur). Le travail de doublage est très bon aussi. Parfois on a un peu du mal à comprendre lorsque les doubleurs ne sont pas des comédiens de théâtre ou des professionnels mais là tout va bien. Et puis, Jean Rochefort…

En résumé, c’est vraiment un très bon film, juste la dose d’humour qu’il faut. Le travail est remarquable et le prix obtenu à Annecy est grandement mérité. Allez-y !

dimanche 18 octobre 2015

XX - Les convois de la mort





XX. Les convois de la mort

          Abasourdis par cette révélation, Michel Ardan et la princesse, d’un simple regard, s’échangèrent cette question cruciale : que se serait-il passé si la machine temporelle n’était pas apparue à Henri de Chambord ? Aurait-il renoncé au drapeau blanc et au titre de monarque s’il n’avait interprété l’armoirie tricolore et fleurdelisée comme un signe du Ciel envoyé sur un grand oiseau d’argent,
          Le commandant du dirigeable les tira de leur rêverie alternative :
« Nous survolons Angers. Désormais nous pénétrons dans l’espace aérien ennemi. Gare aux mauvaises surprises ! » La princesse se reprit et donna des ordres brefs, appelant par tuyaux sonores tout l’équipage du « Jules Verne » à rejoindre les postes de combat. L’abbé Blanqui récita un « Notre Père ». La tension était à son comble et ce fut Suzon qui se chargea de dérider un peu les occupants de la nacelle de pilotage : « Si les angliches n’ont rien d’autre à nous opposer qu’un cirque de  monstres et un automate rouillé nous n’avons pas grand-chose à craindre !
-J’aimerais partager ton insouciance, intervint la princesse. Mais je ne peux pas oublier le bombardement de Chambord, notre enlèvement, la mort de mon parrain, la montre piégée ! L’ennemi sait beaucoup de choses. On dirait qu’il a toujours un coup d’avance sur nous. Et cela m’inquiète ! La récente attaque de l’automate à Amboise est un mauvais signe…
-Ce n’est pas un automate, coupa Michel Ardan, c’est un homme mécanisé !
-Une marionnette sans fils quoi ! s’amusa Suzon. Il n’y a pas de quoi s’en faire.
-Au contraire ! Je suis sûr que Mécamort est le produit d’une technologie monstrueuse ramenée de l’avenir par Pendulus. Si c’est le cas, il peut nous contrer facilement. Peut-être maîtrise-t-il toujours le voyage dans le temps…
-Je ne crois pas, Monsieur Ardan, reprit la princesse. Les attaques successives qu’il a lancées prouvent même le contraire. Il ne veut pas  que notre dirigeable rejoigne son objectif !
-Et alors ? Qu’est-ce que tout cela signifie, Marieke ? D’ailleurs, tu ne nous a pas encore dit où nous allions avec cette énorme baudruche ?
-Chaque chose en son temps, Suzon ! Et ne sois pas trop curieuse. N’oublie pas que je n’étais pas obligée de t’emmener avec nous…
-Tu n’es pas gentille, Marieke ! Eh bien, puisqu’on ne peut pas discuter, je vais regarder par le hublot le paysage qui lui, au moins… Oh !
-Que se passe-t-il, Suzon ?
-Marieke, Monsieur Ardan, commandant ! Regardez, sur les deux rives de la Loire ! Je n’ai jamais vu ça ! »
           Tous les occupants se précipitèrent vers les hublots et distinguèrent d’abord de lourds panaches de fumée noire avant de reconnaître des dizaines de convois ferroviaires transportant des hommes de troupe et surtout d’énormes obus qui filaient à vive allure vers l’ouest.
« Cette horrible chenille mécanique, c’est en notre honneur ! annonça le commandant.
-Que voulez-vous dire ? s’étonna Michel Ardan. On ne voit aucune pièce d’artillerie. Et aucun canon n’est assez puissant pour…
-Détrompez-vous, Monsieur Ardan, souffla la princesse d’un ton résigné, mon parrain m’avait parlé d’une arme d’apocalypse installée par l’ennemi à Nantes, sur l’île de l’estuaire. Mais rien, jusqu’ici, n’était venu confirmer ses craintes !
-Eh bien, nous allons en avoir le cœur net, s’écria le commandant. Ce sera le baptême du feu du dirigeable « Jules Verne ». J’ai confiance en lui ! Nous passerons, j’en suis sûr !
-Encore faudrait-il que vous arriviez jusque-là, commandant… Et je ferai tout pour vous en empêcher ! »
          Un abominable rictus se dessinait sur le visage de Suzon dont les deux mains de porcelaine venaient de tomber, dévoilant des pinces aiguisées.



vendredi 16 octobre 2015

Hôtel Transylvanie 2




Tadaaam ! Et oui ceci est une nouvelle chronique cinéma ! Il y a une semaine, je suis allé voir Hotel Transylvanie 2. J’avais vu le premier volet en avant-première que j’avais beaucoup aimé. Rappel rapide de l’histoire : Dracula élève seul sa fille Mavis. Depuis la mort de sa femme, il fait tout pour la protéger et décide de construire un grand hôtel qui serait un lieu de villégiature et de calme pour les monstres. Mais un jour, un humain, Jonny débarque dans l’hôtel et les deux adolescents tombent amoureux. Dracula a un peu de mal mais finit par accepter et finalement les deux jeunes peuvent vivre tous les deux dans l’hôtel et tout le monde accepte la condition humaine de Jonny.

Nous en sommes donc restés là à la fin du premier film. Ce deuxième volet s’ouvre sur le mariage des deux amoureux qui ne tardent pas à faire un joli petit bébé roux. Mais Dracula s’inquiète parce qu’à l’aube de ses 5 ans, l’enfant ne montre aucun signe de vampire attitude. Il décide alors, pendant que les jeunes parents sont en vacances, de réveiller le côté monstre de son petit-fils en l’entrainant dans une épopée pour qu’il apprenne à faire peur.

J’ai trouvé ce film sympathique. Pas aussi génial que le premier mais sympathique. On retrouve le côté ultra protecteur de Dracula (qu’il a transmis à sa fille apparemment), sa capacité à paniquer au moindre changement et finalement son habilité à revenir à la raison quand il en est temps. On retrouve aussi bien le caractère de chaque personnage qui m’avait fait rire dans le premier volet. Les gags sont plutôt bien trouvés et réussissent à ne pas paraître trop lourd malgré le côté répétitif. Celui que j’ai préféré, c’est la tentative de Dracula de comprendre comment fonctionne le smartphone. Bon, l’histoire est cousu de fils blancs, on sait comment ça va se finir mais le film reste marrant et on passe un bon moment à se détendre.

Mais bien sûr, si je ne l’ai pas trouvé génial, c’est que plusieurs choses m’ont gêné. La première c’est le design des personnages de Mavis et de Jonnhy. Ils sont devenus parents, ont pris quelques années et pourtant ont toujours un visage et un look d’ado. Bon pour Mavis, ça peut passer pour le côté vampire mais Jonnhy j’ai eu du mal. C’est la même chose pour le caractère du jeune homme. Le côté foufou était justifié dans le premier mais là, il en devient un peu lourd. Même les scènes où il redevient un peu sérieux sonnent fausses. C’est vraiment dommage.


Sinon, il reste un bon film pour les enfants (ou les grands enfants), mais préférez quand même le premier volet, bien supérieur à mon sens !  

mercredi 14 octobre 2015

Des mensonges dans nos têtes




Premièrement, je tiens à remercier chaleureusement Babelio et les éditions Mosaïc pour l’envoi du livre  Des mensonges dans nos têtes de Robien Talley. Je l’ai reçu le 12 octobre et je l’ai terminé le 13 octobre. Oui je n’ai mis qu’un seul jour à le lire. Je dois avouer que les trajets en tram ont été très utiles pour dévorer le livre.

Les filles sont faites pour se marier… Les Noirs et les Blancs ne doivent pas se mélanger… Une fille ne doit pas embrasser une autre fille… Linda ne doit pas aimer Sarah. Rien que des mensonges? 1959, en Virginie. C’est l’histoire de deux filles qui croient qu’elles se détestent — parce qu’elles n’ont pas la même couleur de peau et qu’elles ne sont pas nées du même côté. C’est l’histoire de Sarah et Linda qui croient qu’elles se détestent… mais c’est aussi l’histoire de l’année où tout va changer — parce que les mensonges des autres vont voler en éclats et que les vies, les cœurs de Sarah et Linda vont s’en trouver bouleversés pour toujours…

 J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. J’ai accepté de le recevoir sans vraiment de conviction. Le sujet me tentait bien (historienne un jour, historienne toujours !), alors je me suis dit pourquoi pas. Et j’ai vraiment bien fait ! Le thème de ce livre est la ségrégation. Quelques élèves noirs sont admis dans un lycée de blancs. Et c’est extrêmement dur pour eux. Ils sont malmenés, insultés et tout ce qu’on peut imaginer allant de la simple insulte aux violences physiques graves. Le style de l’auteur est juste. Elle décrit la situation mais sans tomber dans le pathos qui peut parfois être très lourd à la lecture. On partage les sentiments des personnages, mais de tous les personnages. Je n’ai eu à aucun moment une sympathie particulière plus pour les élèves noirs ou plus pour les élèves blancs. On compatit aux violences subies et on trouve ça révoltant, mais pour autant, on en vient aussi à comprendre les réactions des élèves blancs (qui sont avant tout celles de leurs parents).

C’est d’ailleurs le deuxième axe autour duquel tourne le roman. Le personnage de Linda en est le plus bel exemple. Elle est complètement soumise à son père et son seul rêve est de se marier pour s’échapper de « sa prison ». Cette situation décrit la condition des femmes de l’époque, qui ont encore du mal à sortir des carcans familiaux préétablis. Le dernier axe qui est à suivre dans le roman, est celui de l’homosexualité. Là encore, il est amené tout en finesse et en allusions. Sarah se pose des questions sur sa vie et sur ses sentiments, et Linda qui en était si sure en vient à douter de ses propres certitudes. Je ne peux pas en dire plus sous peine de dévoiler l’histoire mais c’est une thématique bien utilisée et qui donne un plus au roman.

Du coté des personnages, j’ai eu un peu plus de mal. J’ai trouvé dommage qu’à certains moments on n’est que le point de vue des deux filles et pas des autres personnages. Par exemple, a aucun moment on n’a l’avis des autres élèves noires ou des autres élèves blancs. Au bout d’un moment, on se lasse un peu des sentiments des deux jeunes filles et une autre vision aurait été la bienvenue.


Mais c’est le seul petit point négatif. Dans l’ensemble, c’est un très bon roman qui prend aux tripes et qui vous plaira malgré le côté jeunesse. 

lundi 5 octobre 2015

XIX - Le Manifeste






XIX. Le Manifeste

          Le dirigeable Jules Verne survolait tranquillement la Loire en direction de l’ouest sans qu’aucune menace ne se présentât dans le ciel clair.  Après l’expulsion de Mécamort, chacun avait repris son poste comme si rien ne s’était passé. La princesse, cependant, s’était isolée dans un salon de la nacelle de pilotage pour s’entretenir discrètement avec Michel Ardan.
          « Votre déclaration a surpris tout le monde, Monsieur Ardan ! Je cois même que certains de nos amis la considèrent comme une excentricité de plus de votre part.
-Pourtant, je vous assure…
-Rassurez-vous ! Moi je vous crois. Et beaucoup de choses s’éclairent enfin… Car mon parrain ne m’avait pas tout dit… Il avait simplement évoqué une mission lointaine dont vous reviendriez sûrement perturbé, voire amnésique. D’où la transmission de ce mot de passe « Anamnésis » que je devais prononcer lorsque la mémoire vous reviendrait.
-En somme, il s’agit d’un déconditionnement, comme une sortie d’hypnose ! Mais il me manque encore des éléments. Je sais que Michel Ardan est un nom de code, un pseudonyme mais je ne me rappelle toujours pas ma véritable identité. Et puis, comment ai-je pu vivre en 1871, puis en 2014, et maintenant en 1880 ? Ça n’a pas de sens !
-Non, en effet ! Pourtant l’explication est logique : Vous avez voyagé dans le temps ! Et vous êtes revenu avec le secret qui va nous sauver tous !
-Le voyage dans le temps ? Mais ça n’a jamais fait partie des projets de Jules Verne. Je me souviens maintenant des discussions que nous avions et des voyages extraordinaires qu’il espérait réaliser : le fond des océans, l’espace, le centre de la terre… Mais le temps, ça ne m’évoque rien !
-Cependant, c’est ce qui s’est passé ! Votre montre-bracelet le prouve. Elle est issue d’une technologie inconnue à notre époque. Vous êtes donc bien allé vous promener dans le futur…
-Et dans le passé ! Cela me revient maintenant. La Commune de Paris ! J’étais à la poursuite de Pendulus… Il se nommait ainsi à l’époque. Je devais… Ma mission était de le ramener en 1880. Oui, c’est ça ! Il était revenu nous annoncer qu’il allait changer le cours du temps et devenir le seigneur de toutes les époques.
-Anamnésis, Monsieur Ardan, Anamnésis ! Souvenez-vous ! Continuez…
-Je me souviens d’un très jeune homme aux côtés de votre parrain, presque un enfant. Il avait construit la première machine volée ensuite par Pendulus. Je me souviens de la deuxième machine à bord de laquelle je suis monté. Elle était magnifique, comme un oiseau d’argent orné des armoiries de France qui scintillaient sous la lumière.
-Continuez, Monsieur Ardan, continuez !
-Je me souviens du très jeune homme proposant à Jules Verne de commencer par un essai avant de m’envoyer à la poursuite de Pendulus. La même année que lui mais dans un endroit plus tranquille, à Chambord en juillet ! »
          La princesse blêmit et fit signe à Michel Ardan de poursuivre.
-Je me souviens d’un éclair gris-vert. Et je me souviens, oui, je me souviens très bien de la date inscrite sur le tableau de commande de la machine : le 5 juillet 1871 ! Dans le parc de Chambord, où je vis un homme qui tomba à genoux devant l’engin, comme en prière. Puis la machine est repartie et mes souvenirs deviennent plus flous.
-C’était mon père, Monsieur Ardan.
-Vous dites ?

-Cet homme, tombé en prière devant les armoiries de France, c’était mon père, Henri, Comte de Chambord, qui ce jour-là, publia un Manifeste où il acceptait à la fois de renoncer au drapeau blanc des rois de jadis et de monter sur le trône de France sous le nom d’Henri V ! »